La Corporation d’innovation et développement Alma – Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL) fait figure de précurseur en devenant un des premiers organismes de développement économique du Québec à se doter d’une politique de financement responsable. 

Plus concrètement, les entreprises qui vont présenter une demande de financement à cet organisme verront leur aide bonifiée si elles adoptent des pratiques de DD (développement durable).   Deux fonds sont ainsi ciblés, le Fonds Nouvel Entrepreneur et le Fonds local d’investissement régulier (FLI). 

L’intention derrière cela, nous explique la directrice générale de la CIDAL, Alison Simard,« c’est de sensibiliser et d’inciter les entreprises qui se tournent vers nous à prendre ce virage qui est devenu incontournable. On veut ainsi qu’elles soient à l’avant-garde, qu’elles aient un avantage concurrentiel et même qu’elles développent de nouveaux marchés grâce à cela. »

Plus concrètement, les projets d’affaires qui se démarquent en matière de durabilité pourront recevoir une bonification de 2 000 $ dans le cadre du Fonds Nouvel Entrepreneur et une réduction de 2 % du taux d’intérêt en vigueur dans le cas du FLI. Ce positionnement de la CIDAL a déjà beaucoup fait parler dans le réseau des organismes de développement économique de la province et sera assurément une source d’inspiration pour d’autres. 

Mais attention, la direction de la CIDAL ne veut pas que cette politique soit un frein pour les entreprises qui se tournent vers elle.  Alors, l’organisation se fait un devoir d’accompagner les entreprises qui, dans un premier temps, ne répondraient pas à ces exigences.  Leurs conseillers et leurs conseillères verront à les soutenir ou à les diriger vers des experts-conseils en ce domaine, comme ceux du Centre québécois de développement durable (CQDD) par exemple. 

Une pareille décision s’inscrit parfaitement dans l’air du temps.  Déjà, il y a quelques mois, Investissement Québec prenait la même décision, à savoir développer ce qu’il est maintenant convenu d’appeler du financement durable.  Plusieurs grandes institutions financières au Québec questionnent de plus les plus les entreprises concernant leur engagement, leurs réalisations et leur performance en DD. Cette tendance n’est pas propre au secteur de l’investissement et du financement. Les grands acheteurs, les consommateurs et même la main-d’œuvre ont aussi de plus en plus d’attentes envers les entreprises en matière de durabilité.   

« Cette mouvance est déjà en place, soutient Alison Simard, notre territoire n’est pas coupé du monde et la CIDAL se doit d’être un acteur de changement. »

Cela dit, la région ne part pas de zéro.  Déjà de nombreuses entreprises ont de bonnes pratiques en gestion des ressources humaines, gestion de l’eau, en gestion des déchets, en économie circulaire ou autres enjeux de développement durable.  

« On constate que les valeurs d’écoresponsabilités sont vues comme bénéfiques pour les entreprises et pas seulement d’un point de vue environnemental, mais également d’un point de vue économique », souligne Alison Simard. 

Le déploiement de cette politique est le fruit d’une démarche d’accompagnement en financement durable, animé par le CQDD, dans le cadre du projet régional PME Durable 02.  Il aura fallu une année et demie pour compléter ce travail et, par la même occasion, enrichir la propre politique de DD de la CIDAL elle-même. 

Déjà plusieurs actions en ce sens étaient en place, mais l’organisme a voulu faire plus.  « On ne peut seulement dire quoi faire, nous dit la directrice générale.  On se doit d’être conséquent, d’être un modèle par nos bonnes pratiques pour motiver nos entreprises. »  Ainsi l’organisme procède à une analyse détaillée pour ses achats et le choix de ses fournisseurs.  À l’interne, tout ce qui est recyclable l’est, l’usage du papier a été réduit au minimum grâce au recours au numérique et leurs événements s’appliquent à être le plus carboneutre possible.   Bravo, c’est ce que l’on appelle de la cohésion !

Un tel positionnement de la CIDAL participe d’une action beaucoup plus large qui dépasse l’intérêt d’une seule entreprise ou de notre seule région comme nous le rappelle Alison Simard :

« Comme citoyen, comme entreprise, comme organisation ces préoccupations nous rappellent les vraies valeurs quand on pense à l’avenir de la planète.  Des valeurs d’espoirs et de respect pour les générations futures. » 

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Par Errol Duchaine